19.03.2008

Prochain arrêt...

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Dans le tram, aujourd'hui :

1) un tumulte d'idées concernant Fight Club :

...une représentation se déroulant au fil d'un trajet nocturne, un véhicule avec un passager cinglé qui décide de tout dire et un chauffeur stoïque, des étapes singulières à travers l'agglomération (aéroport, greniers d'immeubles, vestiges du pont Churchill, arrières cours, salle de lutte de Neudorf), larguer les spectateurs dans la cambrousse puis les récupérer à un endroit qu'ils doivent rallier par eux-mêmes, faire apparaître Tyler Durden en changeant de véhicule, de chauffeur et de narrateur en cours de route, représentations étalées de façon irrégulière sur la saison...
Dans mes pensées, je m'égare sur la ligne E pour aboutir à Parlement européen, une station de tram récemment mise en service. Sans doute la plus théâtrale de Strasbourg.
(A rajouter aux étapes du trajet nocturne)

2) une discussion entre deux lycéens, sur la ligne C :

-J'ai vu Vanilla Sky avec Tom Cruise, hier. Tu l'as déjà vu toi ?
-Non.
-C'est un film génial, tu comprends rien tu sais pas où t'es et à la fin t'y crois pas.
-Ah. Généralement, les films de Tom Cruise sont compliqués, c'est vrai.
-Non, on peut pas dire ça.
-Regarde par exemple Mission Impossible. Tu sais pas qui est avec qui, qui va gagner, qui est mort ou pas.
-Mission Impossible ? On comprend.
-Non, on comprend pas.
-Mais Vanilla Sky, tu comprends pas parce que c'est voulu, c'est fait exprès.
-On peut pas dire qu'on comprend pas alors.
-Mais si parce que tout est incompréhensible.
-Comment ça ?
-Rien n'est réel, tout est inventé. Même qui ont est.


En les écoutant, je réalise que j'ai vieilli.
Mais depuis quand ?

12.01.2007

Vous vous réveillez à SXB

Statistiquement, L admet que s'endormir a du bon, un peu avant deux heures du matin. En attendant de pouvoir faire ma nuit, je vaque de synapse en synapse. J'attends patiemment, et j'essaie d'être productif.

Mon malheur : la productivité me tombe dessus. Je ne la décide pas vraiment.

Peu à peu, mon envie d'aboutir au Cercle de Lutte sort de dessous mon lit.
Ce n'est pas encore une envie poussièreuse.

Le format que j'avais imaginé [douze heures non stop de lecture] contrarie la possibilité de faire entendre le texte de Palahniuk dans un théâtre ou une galerie ?
Je décapite le format. Et je m'afranchis de la notion de lieu de diffusion.

Dix rendez-vous durant l'année.
Soixante minutes.
Trois/quatre chapitres dis par Denis à chaque fois.
Des incursions sonores assemblées par moi-même à chaque fois.
Une date annoncée clairement.
Un spectateur qui signifie son intention d'être présent.
Un lieu qui demeure inconnu aussi longtemps que possible.
Une alerte mail ou plutôt téléphone pour indiquer le lieu aux spectateurs.
Une fois par mois durant dix mois.
Un texte non plus lu mais interprété.
Et j'amène Denis un peu plus vers ce personnage qui - sans se l'avouer - a refusé l'effacement de son être par la société de masse.

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Cette simple modification me donne la force d'envisager une succession de rendez-vous légère à mettre en oeuvre. Trouver dix lieux capables d'accueillir une vingtaine de personnes. Mon envie s'arrache des sables mouvants. Je dois maintenant constituer une ébauche de cadastre improbable à partir du territoire strasbourgeois.

10.01.2007

Dysfonctionnement cérébral parasitaire

Je sens que j'approche des sables mouvants.


Fatigue.
Temps insuffisant
Energie accaparée.
Apprendre en permanence à être un père.
Imagination lointaine.


Statistiquement, tous les films dans lesquels j'ai vu des gens pris dans les sables mouvants finissaient bien. Même si l'un des acteurs devait disparaître dans la bouillie épaisse préparée par l'équipe du chef décorateur. Les pauvres seconds rôles qui s'enfonçaient là dedans jusqu'aux yeux parce que leur contrat les y obligeait repéraient in extremis une branche d'arbre mort, parvenaient à l'agripper et à s'extirper des sables mouvants.
C'est aussi un étonnement de constater que la branche sèche de l'arbre mort ne se rompt jamais.
medium_quiksands.jpg Statistiquement, même au plus profond des marécages véritables, c'est à dire de ceux qui n'ont pas été fabriqués par des gars bossant pour un chef décorateur, cent pour cent des maladroits happés par les sables mouvants s'enfoncent seulement jusqu'aux hanches.


Je sens que j'approche des sables mouvants
Mais ce n'est pas le vrai problème.

14.12.2006

You do not talk about Fight Club

Sébastien est passé hier soir. Il est à Strasbourg pour quelques jours.
Paris lui fait du bien.
Nous ne discutons pas de Fight Club.

24.10.2006

Immersion

Reprendre la lecture régulière de Fight Club.

21.10.2006

Macht des Willens

Un samedi après-midi avec Denis et Sébastien.

Une forte conviction : monter Le Cercle de Lutte quoi qu'il en soit.
Assumer cette envie. Surmonter le vide.
Nous n'augmenterons pas notre niveau de vie grâce au Cercle de Lutte.
Nous ne bénéficierons pas d'une stratégie de communication bien identifiée.
Nous ne toucherons pas un large public grâce au Cercle de Lutte.

Sans moyens institutionnels, le projet redevient ce qu'il était : un événement décalibré.
Un rendez-vous marginal.


Denis veut que TOUT fasse sens, chaque proposition à l'intérieur du projet doit se justifier. Il désire de la solidité. Il exige de comprendre la signification de tout ce qu'on lui demande d'accomplir. Il me semble en tout cas que pour lui, l'enjeu est là. Je commence même à croire que Denis a choisi le théâtre afin de vérifier qu'il ne fait pas partie du genre humain sans raison.
Sébastien livre sans réserve ses fantasmes. Une inondation multipistes. Je vois revenir ses fantômes - Denis les découvre avec une certaine délectation. Je reconnais que les intuitions de Sébastien sont précieuses. Le plus souvent, il peine à fournir une explication claire sur le pourquoi de ses propositions et pourtant : un rapport imprecis émerge de son chaos conceptuel. Nous avons cela en commun.
Quant à moi, je veux des collaborateurs qui aillent sans retenue là où je leur demande d'aller. Je veux pouvoir imaginer et dire "essayons" sans faire de diplomatie épuisante. Après, je suis ok pour dire pour quoi je demande tel geste, telle action. Je suis ok pour trier ce qui émerge du chaos. Maintenant, j'ai à choisir une direction. Une direction.

Le Cercle de Lutte trouve son centre en nous-mêmes.

18.10.2006

Space Monkeys

Longue entrevue avec Denis qui est passé ce soir à la casa. Après un petit porto, on a essayé de faire le point sur Le Cercle de Lutte. La Friche Laiterie n'a pas retenu notre projet. On a surtout épluché les dossiers retenus pour essayer de comprendre ce qui manquait à celui de l'Orchestre Seconde.

Ce qui semble avoir fait défaut : ne pas associer une autre compagnie au Cercle de Lutte.
Je dois le reconnaître, Yves m'avait effectivement parlé de cet aspect. C'est visiblement devenu primordial aux yeux du CA.
Soit. Mais pour moi, ça ne faisait pas sens de rameuter des gens en mal de cachets juste pour coller à ce critère.

Ceci dit, nous répondions fortement à un autre critère : la pluridisciplinarité.
L'Orchestre Seconde figure en premère place sur la liste d'attente. Ça c'est sans doute joué à un poil près...
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Bref.

Ce n'est donc pas à la Laiterie que Le Cercle de Lutte sera monté.
J'ai appelé Sébastien pour le prévenir. Il avait franchement l'air de n'en avoir rien à cirer. Il fera ce projet. Son énergie m'épate (pourquoi j'oublie si souvent que Seb est bachique ?). Il n'est pas le seul singe de l'espace : comme il l'avait annoncé, Denis est ok pour poursuivre.


- Bon, et toi ?
- Moi quoi ?
- Tu es ok pour poursuivre ?
- Oui.
- Bien. C'est bien. Mais tu ne donnes pas franchement l'air de n'en avoir rien à cirer.
- Je suis franchement bien emmerdé, oui. Le Hall d'expo de la Laiterie, ça fait cinq ans que je le veux. Et je ne l'aurai pas pour Fight Club.
- Tant mieux.
- Quoi tant mieux ?
- Tant mieux. C'est maintenant que tu commences vraiment à sortir de ta léthargie.
- Ça, c'est bien à marquer dans un putain de blog mais ce n'est qu'une formule.
- Tu verras.

12.10.2006

Business plan

J'attends à la caisse et j'entends ce type qui triche avec ses cinquante ans expliquer à sa femme :

- Tu vois, ces gars là, tout ce qu'ils veulent, c'est l'argent. Mais les références, le business plan, ils n'en ont pas. Il n'y a rien à faire pour eux. Ou ils sont dans le système, ou ils sont en dehors du système. Le reste, c'est de la littérature. Ou alors, on est en pleine schizophrénie. Et là, alors, tu vois ce que je veux dire.

09.10.2006

Before Berlin

Sébastien est passé à la maison. Après notre coup de fil de la semaine dernière, nous avions besoin de tout mettre à plat.
Avant son départ à Berlin.
Yaourth, café, paracetamol & speculos pour se mettre à l'aise.

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1) Diffusion de vidéos préparées à partir d'images personnelles survenues lors de la lecture du livre de Palahniuk.

2) Interruption de cette diffusion par des plans tournés dans le lieu durant la lecture-performance.

3) Le moindre spectateur est filtré-fouillé à l'entrée et reçoit les règles du Cercle de Lutte.

4) Evolutivité du lieu. Un marquage de cheminement au sol est installé/désinstallé/réinstallé durant toute la lecture.

5) Sébastien a envie de caméras de surveillance basse résolution. J'aime la sensation de liberté restreinte que cela produirait.

6) Se servir de la porte donnant directement sur la rue. Une Lincoln Continental déboule par là. Quatre personnes du public embarquent à son bord. Le chauffeur met un CD (lecture du texte d'un passage de Fight Club ou autre). Balade nocturne... Un road-theater...

26.09.2006

Une sensation agréable

J'ai eu Sébastien au téléphone. Nous avons longuement discuté de la possibilité d'introduire des images vidéos dans Le Cercle de Lutte. Comme souvent avec Sébastien, l'enthousiasme est palpable. Une sensation agréable.

Contamination des téléphones portables des spectateurs par des images préparées, diffusion en léger différé d'images tournées sur place et jouant avec la communauté silencieuse des spectateurs, exaltation du corps filmé en macro... les pistes qu'il évoquait succintement au bout du fil me semblaient aptes à souligner l'ironie palpable dans Fight Club, notamment au sujet de la rencontre de l'individuel dérisoire et de la masse uniforme.

Sébastien prend donc en main la vidéo sur cette création. Après avoir travaillé avec lui sur Nietzsche, je me dis que notre difficile travail mené en 2003/2004 sur le dionysiaque sera profitable.

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