Le Théâtre est-il nécessaire ?

Le Théâtre est-il nécessaire ?

Auteur : Denis Guénoun

Editeur : Circé

Année : 1997

Je suis mal à l'aise pour parler de cet ouvrage.

Je l'ai lu trois fois sans pouvoir le finir. Pas par ennui. Par passion. Lorsque j'arrive au chapitre consacré au rapport entre cinéma et théâtre, c'est un bouleversement. D'abord parce que mon horizon personnel est s'est prioritairement nourri de cinéma avant de s'élargir sur le théâtre.
Ensuite, parce que face à la légitimité du théâtre en tant que pratique culturelle, j'ai le mauvais réflexe de coiffer d'un pesant couvercle mes références et mes envies les plus en lien avec le cinéma, à chaque mise en scène que j'entreprends.

Cet essai de Denis Guénoun peut-il m'aider à me défaire de ce complexe-parasite ? Craignant que non, j'en stoppe nerveusement la lecture.

Mais cette fois, je persévère. Je m'aperçois que j'ai perdu du temps : le propos de cet ouvrage est celui de la pertinence de poursuivre aujourd'hui une pratique du théâtre. L'opposition au cinéma ne sert qu'à appuyer une idée force de Guénoun : la confrontation du spectateur à son imaginaire réalisé par le cinéma conduit le théâtre à un franchissement. Dans son esthétique et sa pratique.

Plus question de limiter la représentation à une occasion de s'identifier à des héros ou de sublimes protagonistes. Pour Guénoun, et en cela il résume parfaitement ce que j'observe de plus captivant sur un plateau ces dernières années, il est nécessaire. de dépasser ce vieux but. Comment ? En axant le travail des comédiens et du metteur en scène sur la sincérité des auteurs qu'ils sont. Car en tant qu'auteurs de l'acte théâtral, ils leur faut plus que jamais alimenter le texte de l'instantané de leur individualité. Cette générosité serait la source d'une poésie que seul le temps collectif de la représentation peut faire naître. C'est en tout cas ce que je saisis de ma lecture de Le Théâtre est-il nécessaire ?.

Problème : avec cet essai dans le crâne, la plupart des pièces que je vois depuis me sont d'autant plus insupportables que je suis maintenant en mesure d'organiser en pensée critique la sensation vaguement insatisfaite dont je m'agaçais avec mollesse.

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